Back www.charentelibre.fr Investigations Reveal that France Has Considered Purchasing Israeli Spy Software Pegasus
D’après un consortium de médias, plusieurs administrations françaises auraient étudié l’acquisition du logiciel Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group.
Cinq ans après le scandale Pegasus, de nouvelles enquêtes publiées jeudi par le consortium Forbidden Stories relancent l’affaire en révélant que la France avait envisagé d’acquérir le logiciel espion israélien au moment même où des ministres auraient été ciblés.
Selon les documents et témoignages recueillis par le consortium de médias dont le quotidien Le Monde, des traces techniques analysées par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) permettraient d’établir des indices de compromission sur les téléphones de plusieurs membres du gouvernement français de l’époque, dont Florence Parly (Armées) et Jean-Michel Blanquer (Education nationale).
L’enquête affirme que Sébastien Lecornu aurait été ciblé dès juillet 2019, alors qu’il occupait le portefeuille des Collectivités territoriales. Les investigations associent plusieurs marqueurs techniques retrouvés sur des téléphones français à des opérations déjà attribuées à des intérêts marocains.
Ces publications paraissent alors que le Premier ministre français Sébastien Lecornu est en visite officielle au Maroc, mis en cause dès 2021 pour l’utilisation présumée de Pegasus contre plusieurs personnalités françaises et marocaines, des accusations aujourd’hui étayées par une nouvelle enquête. Interrogés, l’entourage du chef du gouvernement et le Quai d’Orsay n’ont fait aucun commentaire.
D’après ce consortium, plusieurs administrations françaises auraient en outre étudié entre 2019 et 2020 l’acquisition du logiciel Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group. Selon des auditions judiciaires citées par Forbidden Stories, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), la Direction du renseignement militaire (DRM) et le ministère de la Justice se seraient intéressés aux capacités du logiciel pour des enquêtes liées au terrorisme ou au narcotrafic.
Le dirigeant de la société française Syans, intermédiaire de NSO en France, a affirmé aux enquêteurs que les discussions avec les autorités françaises avaient atteint un stade avancé avec un montant envisagé d’acquisition compris entre 60 et 80 millions d’euros.
Le projet aurait toutefois été abandonné à la fin de 2020 après un arbitrage de l’Elysée. D’après plusieurs témoignages recueillis par le consortium, Emmanuel Macron aurait invoqué des motifs de souveraineté technologique et le risque réputationnel.
Dans une autre enquête, Forbidden Stories s’appuie sur le témoignage inédit d’un ancien membre du renseignement intérieur marocain, présenté sous le pseudonyme de « Safir » qui décrit un dispositif de surveillance déployé contre les opposants, journalistes et défenseurs des droits humains. Selon lui, le Maroc aurait utilisé successivement plusieurs outils avant de se tourner vers Pegasus à partir de 2017. L’enquête prend pour exemple le journaliste marocain Omar Radi, connu pour ses enquêtes sur l’entourage du roi, qui aurait fait l’objet pendant plusieurs années d’une surveillance poussée avant d’être arrêté en 2020 puis condamné à six ans de prison dans deux affaires distinctes puis gracié en 2024.
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